Les verbes à particules en anglais : sont-ils vraiment polysémiques ?

Cette communication a pour but de présenter une étude des verbes à particules en anglais et de leurs tendances polysémiques. C'est un fait bien connu que les verbes à particules sont souvent polysémiques, en particulier ceux qui sont très fréquents, et qui sont formés de parties elles-mêmes très fréquentes et donc polysémiques. Ceci pose un problème, à la fois pour leur description et pour leur enseignement aux locuteurs non natifs. Dans cette communication, nous étudierons la polysémie des verbes à particules avec 2 objectifs principaux : voir le degré de polysémie, et (si possible) réduire celui-ci, comme cela a été fait dans une certaine mesure pour certaines particules (par ex. Lindner avec 'up' and 'out', 1983) et verbes (par ex. Lindstromberg avec 'get', 1991).

Pour ceci, une étude sémantique d'un certain nombre de verbes à particules est menée, à partir de concordances. Tout d'abord, les sens contextuels sont définis pour chaque ligne des concordances, puis ceux-ci sont regroupés en 'sens conceptuels' (Leech, 1981 ; Consigny, 2000). La deuxième étape consiste à étudier les sens conceptuels pour voir s'il existe des similarités entre différents sens, et s'il est ainsi possible de les regrouper pour obtenir un plus petit nombre de catégories, idéalement une ou deux catégories sémantiques générales. Une hiérarchie peut ainsi être définie. En haut de la hiérarchie se trouvent un ou deux sens généraux, qui se divisent ensuite pour arriver, en bas, aux sens définis à partir des concordances. Ceci peut poser un problème, en particulier si un ou plusieurs sens ne sont pas couverts par la hiérarchie, ou s'ils sont trop opaques ou specialisés pour pouvoir être reliés de façon certaine au reste des sens. Cependant, si seuls les sens non opaques sont couverts, alors la hiérarchie garde sa validité et peut être considerée comme une description satisfaisante, car les cas très opaques sont peu nombreux (Side, 1990).

L'étude porte sur 4 verbes à particules : 'get out', 'give out', 'put on' et 'put off'. Nous les avons choisis car ils sont formés de verbes et de particules particulièrement fréquents, et avaient donc toutes chances d'être polysémiques. Les résultats de l'étude sont presentés et montrent que la plupart des sens des verbes à particules étudiés peuvent être regroupés en un ou deux sens généraux.

Le but de cet article n'est pas de dire que ces résultats nient le caractère polysémique des verbes à particules. En effet, s'il est possible de les relier a un sens général commun, cela n'empeche nullement que certaines valeurs sémantiques justifient des différences à un niveau de détail supérieur (valeur n'étant pas pris ici dans son sens donné par l'école d'analyse par composants - 'componential analysis' - mais en tenant également compte du contexte d'utilisation, des restrictions imposées par les colloccations etc.).

Enfin, nous considérerons brièvement une implication importante des résultats de cette étude. L'enseignement des verbes à particules pourrait être grandement simplifié s'il est possible de donner aux apprenants un sens général, et éventuellement le type d'extensions (un ou deux niveaux en dessous des sens généraux), qui leur permettrait de déduire par eux-mêmes les sens plus précis en contexte. De plus, les sens généraux sont rarement opaques et peuvent être expliqués en termes du sens des parties (verbe et particule).

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