Using "using" Etude sur un corpus d'articles scientifiques du domaine du Génie Electrique

Au confluent du groupe verbal et du groupe nominal, la forme en -ing du verbe anglais a retenu l'attention de nombreux linguistes ; en témoigne la diversité des appellations qu'elle a reçues. Nous étudions using, le verbe portant le plus fréquemment -ing, et le co-texte dans lequel il apparaît.

Nos travaux de recherche s'appuient sur un corpus d'articles scientifiques du domaine du génie électrique. A l'heure actuelle, ce corpus comporte 75 articles soit près de 300 000 mots. Les articles sont issus de la revue IEEE Transaction on Ultrasonics, Ferroelectrics and Frequency Control (UFFC) sur une période comprise entre janvier 1999 et novembre 2000.

En établissant la liste des mots que contient notre corpus un phénomène surprenant nous apparaît. Using apparaît a priori comme l'un des mots dont la programme sémique est le plus riche parmi les trente mots les plus fréquents. Seuls quatre autres formes peuvent prétendre à un programme sémique aussi riche :

Nous devons ajouter à cette liste used, plus utilisé encore que using. Sans entrer dans plus de détails, soulignons simplement que la fréquence de frequency et celle de noise sont propres à notre corpus dont l'un des pôles est précisément les ultrasons ; can et fig. quant à eux semblent typiquement relever d'une large rhétorique scientifique.

Dans UFFC, Use est le deuxième verbe le plus utilisé après be et la forme using du paradigme est elle même la deuxième la plus utilisée après used¸ comme signalé précédemment. UFFC comporte 6503 occurrences de Vb?ing ; using représente plus de 10% (765 occurrences) de ce total. On compte 701 verbes différents portant le suffixe -ing ; en termes de fréquence, following (145) ¹ et being (133), dont on conviendra qu'ils correspondent à deux fonctions prépondérantes dans la rhétorique scientifique (séquençage et reformulation), arrivent en deuxième et troisième position, loin derrière using.

Nous avançons ci-dessous que l'utilisation de -ing dans les énoncés construits sur le modèle de à "An X-Y micropositioner using inertial slip-stick motion […] was reported" contribue, en nominalisant le prédicat qu'il introduit, à l'identification de concepts² dès lors candidats termes.

Nous démontrons que dans l'énoncé (1), les relais relatifs that et which auraient été fort peu probables, voire impossibles car en contradiction avec d'une part la situation d'énonciation et d'autre part certaines opérations effectuées dans l'énoncé (entre autres sa passivation). Dans using, -ing assure la cohésion du SN complexe, le soude. Il confère également au GV qui le porte le statu d'unité de discours alors manipulée par l'énonciateur. Il y a donc bien une organisation des notions qui composent la notion complexe en un système. Cette organisation est opérée par l'énonciateur. La démarche semble bel et bien relever de la démarche terminologique. En effet, la complexification d'un SN à l'aide d'une proposition contribue à créer une sous-classe de l'antécédent. Cette opération semble refléter la structuration d'un domaine de spécialité lorsque la relativisation se fait par simple juxtaposition. Comme nous avons pu le voir, cette opération est très proche d'une complémentation nominale de type N Æ N, qui plus est dans (1) où -ing a déjà un fort potentiel nominalisateur.

L'émergence d'un concept au sein d'un domaine de spécialité est consolidé, dans notre exemple, par un élément de l'énoncé que nous avons jusque là ignoré, l'opérateur a. Le fonctionnement de a permet effectivement, selon Adamczewski (1993:212), de "limiter le programme de sens de la notion." Le fait que le vocable utilisé ici par Adamczewski nous rappelle celui parfois employé en terminologie ne saurait être une simple coïncidence.

Nous avançons donc que la complémentation d'un SN par juxtaposition permet ici d'identifier deux concepts et donc candidats termes, et de les situer l'un par rapport à l'autre. Dans l'article dont (1) est extrait, cette opération se répète fréquemment. Voici d'autres énoncés de type SN using SN, les candidats termes apparaissent en gras.

La forme SN using SN telle qu'elle apparaît dans (1) représente près d'un tiers des emplois de using dans le corpus UFFC (240 occurrences sur 751). Un mécanisme de repérage des candidats termes s'appuyant sur using pourrait donc être envisagé.

Notes

Nombre d'occurrences de la forme.

Nous réservons dans cette étude le terme concept au domaine de la terminologie et le terme notion à celui de la linguisitque énonciative.

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